Patrick Bergeron - Renée Dunan, l'énigmatique pétroleuse (2015)

Publié le par Fabrice Mundzik

Publié aux éditions Nota Bene, fin 2015, Contre l'oubli, vingt écrivains français du XXe siècle à redécouvrir ne pouvait qu'attirer l'attention de tout amateur de Renée Dunan (entre autres).

 

Il existe si peu de travaux sur Renée Dunan, que chaque annonce de publication est un véritable plaisir !

 

Atteindre la page 69 (détail « amusant », pour celle qui était classée simple « pornographe ») était donc mon objectif prioritaire, afin d'y lire « Renée Dunan, l'énigmatique pétroleuse », par Patrick Bergeron.

 

Au fil des pages, ma bonne humeur est vite retombée, avant de me laisser, page 82, avec un vague sentiment très désagréable, beaucoup d'amertume, le tout mâtiné d'un soupçon de colère !

 

« Renée Dunan, l'énigmatique pétroleuse » n'apporte rien de neuf... Un fait qui ne dérangera pas le lecteur qui ne s'est jamais intéressé par le passé à Renée Dunan.

 

Mais le lecteur attentif et concerné par Renée Dunan, lui, aura tout de suite reconnu derrière « Renée Dunan, l'énigmatique pétroleuse » un article déjà publié en 2011, sous le titre « Renée Dunan (1892-1936 ?) ».

 

Ce même lecteur se demandera pourquoi ce n'est pas annoncé sur le site de l'éditeur ou en quatrième de couverture...

 

Par contre, une petite note de bas de page de la préface précise que « Les textes au sommaire d'En Marge et de Contre l'oubli ont préalablement été publiés dans la rubrique « Écrivains méconnus du 20e siècle » de la revue Nuit blanche. »

 

L'impression de recyclage est donc ici confirmée. Rien d'inédit dans ce volume, le lecteur est clairement trompé. L'éditeur est responsable de cette absence d'information, mais l'est-il aussi du changement de titre ?

 

Même si monsieur Bergeron a revu et réécrit partiellement son article, il n'a apporté aucune correction aux diverses erreurs et inexactitudes présentes dans la version de 2011.

 

Arrêtons nous justement sur un des rajouts de cette nouvelle mouture (absent, donc, de la version parue en 2011), qui apparaît à la fin de l'article : « L'éditeur érotique Le Cercle s'emploie depuis quelques années à rendre ses livres à nouveau disponibles. Mais sans péritexte (introduction, préface ou postface), le lecteur ne peut hélas compter que sur lui-même pour pénétrer l'univers » de Renée Dunan.

 

Le Cercle ne réédite par Renée Dunan « depuis quelques années », seuls quelques titres ont été publiés en 2011/2012.

 

Par contre, monsieur Bergeron occulte (délibérément ?) les rééditions parues ces dernières années chez Paleo, La Musardine, La Compagnie du Savoir, Le Pré aux Clercs, Dominique Leroy, Rivière Blanche (dans l'excellente collection Baskerville), La Bourdonnaye, Les Moutons électriques, dans la revue Gandahar... Et je ne les cite pas tous !

 

Ajoutons les éditions Bibliogs, mais monsieur Bergeron n'avait pas cette information avant la sortie de Contre l'oubli.

 

Quant à l'absence de péritexte... je ne sais que penser...

 

La longue préface détaillée, qui présente de nombreux éléments inédits, publiée dans Le Roman de la fin des Hommes, ne serait-elle pas digne d'être citée ?

 

Tout comme les documents mis en ligne sur ce blog, le premier à présenter autant de photographies de Renée Dunan, par exemple, alors que les études précédemment publiées indiquaient jusqu'alors : « aucun photo d’elle ne subsiste » ?

 

Ou les dossiers de messieurs Jean-Paul Gomel, Paul J. Hauswald et Claude Herbulot, parus dans Le Rocambole ? Ou ceux publiés par Eric Walbeck, André Georges Bourgeois, Felip Equy, etc...?

 

Comment ne pas citer La Brigade chimérique (L'Atalante), de Serge Lehman, Fabrice Colin & Gess ou Sérénade Sélénite (Le Carnoplaste), de Jean-Luc Boutel, qui font littéralement (et litérairement) revivre Renée Dunan ?

 

En clair, pourquoi rééditer un article qui contient autant d'erreurs ; en changer le titre ; le modifier sans corriger lesdites erreurs ; tout en trompant le lecteur sur l'actualité littéraire autour de Renée Dunan ? Je m'interroge encore...

 

Je repense à ces quelques lignes, qui apparaissent sur la quatrième de couverture : « Vingt écrivains dont les œuvres ont progressivement sombré dans l’oubli et ne sont connues que de quelques privilégiés. Si certains sont réédités, c’est le plus souvent par des éditeurs confidentiels ; si d’autres sont victimes d’un silence compact, tous peinent à maintenir leur place dans une histoire littéraire parcellaire et tendancieuse. »

 

L'envie de corriger la dernière phrase me démange : « Si certains sont réédités, c’est le plus souvent par de rares éditeurs audacieux ; si d’autres sont victimes d’un silence compact, tous peinent à maintenir leur place dans une histoire littéraire que de trop nombreux « chercheurs » (?) présentent de manière parcellaire et tendancieuse. »

 

Afin de « pénétrer l'univers » de Renée Dunan, évitez d'investir dans un ouvrage au contenu dépassé, incomplet, périmé... lisez plutôt ce blog (ce qui ne vous coûtera pas un centime) ou soutenez un de ces « éditeurs confidentiels » en achetant, par exemple : Baal, dans la collection Baskerville ; Le Roman de la fin des Hommes chez Les Moutons électriques ; ou Le Monde des Rondipètes (À la manière de J.-H. Rosny aîné…) des éditions Bibliogs !

Patrick Bergeron - Renée Dunan, l'énigmatique pétroleuse (2015)

Patrick Bergeron - Renée Dunan, l'énigmatique pétroleuse (2015)

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