Lucienne Frappier-Mazur "Convention et subversion dans le roman érotique féminin (1799-1901)" (1988)

Publié le par Fabrice Mundzik

"Convention et subversion dans le roman érotique féminin (1799-1901)", de Lucienne Frappier-Mazur, est paru en 1988 dans la revue Romantisme n°59.

Un passage concerne directement Renée Dunan :

[...] Les signatures de romans érotiques féminins se répartissent en quatre catégories : 1. caractéristique de la première moitié du XIXe siècle, la signature aristocratique, qui dissimule ordinairement la roture — les auteurs érotiques féminins s'en sont servis plus longtemps que les autres femmes, mais moins longtemps que les auteurs érotiques hommes ; 2. le prénom féminin seul, pratique encore usitée, sur le modèle de Rachilde, à l'époque décadente. Les deux dernières catégories n'apparaissent guère qu'au XXe siècle pour le genre érotique, mais je les signale pour mémoire : 3. le « pseudonyme ordinaire » (Bellet) — un prénom féminin et un nom de famille — qui apparaît à la fin du XIXe siècle quand les femmes de lettres se sentent plus sûres d'elles, mais que Renée Dunan, parmi les auteurs érotiques, fut peut-être la première à utiliser vers 1928, en signant « Louise Dormienne » Les Caprices du sexe ; 4. le nom véritable : c'est encore Renée Dunan qui signa ainsi la plupart de ses nombreux romans érotiques, et son exemple ne semble avoir été suivi que récemment, et par un groupe assez restreint.

— Depuis La Princesse de Clèves, les romans de femmes ont souvent à leur parution été attribués à un auteur ou un collaborateur masculins, ainsi les premiers romans de George Sand, de Rachilde et de Colette, ou Idylle saphique, de Liane de Pougy. Les romans masculins, qui eux aussi peuvent devoir quelque chose à la discussion et à la collaboration, font rarement l'objet de ce genre de spéculations. Signalons enfin qu'à l'inverse des publications masculines des XVIIIe et XIXe siècles, dont la page de titre portait un nom d'éditeur fabriqué et souvent obscène, les récits érotiques féminins étaient publiés par des maisons spécialisées, mais non clandestines. (Aujourd'hui, comme ceux des hommes, ils paraissent souvent chez les grands éditeurs parisiens.) [...]

Les travaux de Claudine Brécourt-Villars sont aussi cités à plusieurs reprises.

Ce document est signalé dans le dossier de Patrick Bergeron "Renée Dunan : Le roman de l'aventurière ou l'aventurière du roman" (2014).

Lucienne Frappier-Mazur "Convention et subversion dans le roman érotique féminin (1799-1901)" (1988)

Lucienne Frappier-Mazur "Convention et subversion dans le roman érotique féminin (1799-1901)" (1988)

Lucienne Frappier-Mazur "Convention et subversion dans le roman érotique féminin (1799-1901)" (1988)

Lucienne Frappier-Mazur "Convention et subversion dans le roman érotique féminin (1799-1901)" (1988)

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