Léa Saint-Didier "Les Animaux savants" (1921)

Publié le par Fabrice Mundzik

Ce dossier sur "Les Animaux savants", signé Léa Saint-Didier, fut publié dans Floréal n°28 du 9 juillet 1921.

Léa Saint-Didier est devenue "Leu Sainct-Didier" en bas d'article, mais le nom est bien corrigé dans l'index !

Quelques extraits :

Les humains sont, j'imagine, assez loin de posséder la sagesse. Je crois même que, depuis quelque trois mille ans qu'ils ont inventé l'écriture, ils n'ont qu'à peine fait la preuve de leur perfectibilité. Rien ne prouve, en 1921, que l'homme soit plus sage qu'il ne fut sous les Pharaons et il reste douteux que nos concitoyens pussent représenter, en moyenne, une valeur intellectuelle égale à celle d'Athènes, sous Périclès !

[...]

Qui a vu, en province, la naive et orgueilleuse félicité d'un brave homme à qui l'on fait un compliment pour son chien et qui le met à l'épreuve aussitôt, l'envoyant quérir un caillou vingt fois dans la rivière, ou le faisant mille fois faire le beau ; qui a pu constater le sadique contentement d'êtres d'apparence très doux, punissant pour quelque délit miniscule une bête familière — ou un enfant — comprendra qu'à la base du plaisir de dresser, il y a l'impérialisme, le goût de commander et d'être obéi. Ensuite, viennent les plaisirs accessoires ou « littéraires ».

[...]

Rosny aime les bêtes destinées à disparaître pour la mélancolie du triste qu'elles portent toujours avec une sorte d'orgueil majestueux, libertaire et souverain : tel autre écrivain vit au milieu d'une cohorte de chats, et Paul Leautaud est célèbre pour sa tendresse active à l'égard des chiens malheureux. Mais Rosny, Leautaud, Pierre Benoit, ni tant d'autres, n'aiment l'animal pour ses acrobaties, et, quant à moi, je déplore de voir un pauvre chien trop bien éduqué se livrer à ses pantomimes classiques.

[...]

J'ai vu mon chat étudier ma machine à écrire avec un intérêt et une passion étonnante. Je l'ai vu chercher, par la barre d'espacement, à faire marcher le chariot pour arriver à la sonnerie de fin de ligne, et, avec une subtile et visible volonté, d'apprendre. Mais de l'expérience que j'ai acquise avec des animaux familiers, cheval et chien jadis, chat aujourd'hui, il m'apparaît bon que le châtiment, la punition infligée et comprise demeurent les inhibants de l'intellect animal.

Petit détail, mais cet article nous apprend que Renée Dunan avait un chat.

Voyons là une des rares ouvertures sur son intimité...

Dans cet article, Renée Dunan évoque aussi J.-H. Rosny, Périclès, Ernest Seillière, Hachet-Souplet, Leautaud, Pierre Benoit, d'Annunzio, Frédéric Masson, Napoléon...

Léa Saint-Didier est un pseudonyme reconnu par Renée Dunan.

A ce sujet, lire : Renée Dunan : Autres pseudonymes.

Léa Saint-Didier "Les Animaux savants" (1921)

Léa Saint-Didier "Les Animaux savants" (1921)

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