Renée Dunan "Le Problème de l'éducation - Les théories nouvelles" (1920)

Publié le par Fabrice Mundzik

Le dossier sur "Le Problème de l'éducation - Les théories nouvelles", publié dans Floréal n°46 du 18 décembre 1920, est signé Renée Dunan.

Il s'agit d'une critique des ouvrages "L'Ecole nationale de demain" et "La Morale à l'Ecole nationale" d'Alexandre Murat, complétée par une réflexion de Renée Dunan sur l'éducation.

Quelques extraits :

Le problème de l'éducation est dans une démocratie le problème base de la société. En effet, nul ne peut prétendre qu'un ordre social de justice et de loyauté s'instaure jamais en bloc et du jour au lendemain. Il faut seulement espérer qu'un jour advienne une forme d'administration des faits politiques et économiques, telle que le perfectionnement de l'esprit moyen, en soit à la fois le but et le principe. En ce cas, on peut croire que deux générations suffiraient pour stabiliser l'idée de justice et sa réalisation pratique, la justice étant comprise comme un absolu dont la connaissance universellement répandue soit le motif dominant des rapports humains.

[...]

On s'est étonné naguère de ce que je me sois montrée dure, en un article du Populaire, touchant un livre de l'ingénieur Roger Francq, homme capable, loyal et animé des meilleures intentions en son désir de deviner comment le Travail pourrait prendre le Pouvoir. En vérité, c'est que l'auteur négligeait délibérément la question de l'instruction et ne faisait aux éducateurs aucune place spéciale en sa société. Je prétends que c'est créer un ordre d'égoïsme rétrograde que de ne pas placer dans une forme sociale les éducateurs en un point dominant de la hiérarchie administrative.

[...]

Je professe que les doctrines n'ayant pu être conciliées, depuis des siècles qu'elles sont en conflit, sont pratiquement inconciliables. Dans la théorie, il n'est jamais impossible de trouver de subtils accommodements, mais dans les faits ? C'est ainsi que le problème de la neutralité scolaire me semble irréductible. L'Eglise poursuit depuis dix-neuf siècles l'asservissement des esprits à un dogme qui attente à la raison. Il sera impossible de ne pas opposer sans cesse raison et religion en toutes interprétations du monde.

[...]

Il ne faut accuser que mon goût pour la vérité toute nue et toute crue lorsque je déplore les conciliations philosophiques, d'une évidente profondeur, mais hostiles à mon besoin de couper tout nettement. Besoin qui tient à mon désir d'éviter les mécomptes des morales trop subtiles. Celles-ci, en effet, finissent par ne plus être que des composés d'exceptions.

[...]

Je ne suis pas loin d'approuver sa conclusion touchant la morale humaine universelle, à la fois sociale et personnelle. Toute la partie qui accompagne ces vues éthiques est de grande valeur et d'incontestable originalité. L'auteur a évidemment lu et utilisé un certain nombre d'ouvrages de pédagogie que j'ai connus jadis mais il a su condenser tout cela en un tout bien échafaudé. Si nombre de conclusions provisoires m'apparaissent discutables, je dois reconnaître qu'en ce domaine tout est discutable et discuté depuis qu'il y a des hommes et qui pensent.

Dans cet article, Renée Dunan évoque aussi Roger Francq, Le Populaire, Platon Clérambault, Stuart Mill...

Renée Dunan "Le Problème de l'éducation - Les théories nouvelles" (1920)

Renée Dunan "Le Problème de l'éducation - Les théories nouvelles" (1920)

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article