Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Publié le par Fabrice Mundzik

"Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans", longue nouvelle signée Renée Dunan, fut publiée en 3 parties, dans Floréal. Les illustrations sont de Henry Chapront.

Une note, publiée dans Floréal n°39 du 30 octobre 1920, annonce :

C'est dans notre numéro du 13 novembre que nous commencerons la publication de la curieuse nouvelle de notre collaboratrice R. Dunan, Le Métal (Histoire d'il y a 20 mille ans), dont nous avons donné le préambule dans le précédent numéro.

Ce préambule est peu connu et n'est pas repris (à ma connaissance) dans les différentes rééditions de "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans".

Cette nouvelle est donc parue dans :

Floréal n°38 du 23 octobre 1920 [Préambule]

Floréal n°41 du 13 novembre 1920

Floréal n°42 du 20 novembre 1920

Floréal n°43 du 27 novembre 1920

Cette version est référencée dans la bibliographie sous le titre "Le Métal - Histoire d’il y a vingt mille ans [1]", car il existe une seconde version, peu connue, remaniée par Renée Dunan, qui fut publiée en 1926 dans le recueil "Magdeleine".

Elle vous est proposée dans le recueil "Le Roman de la fin des Hommes" (Les Moutons électriques - 2015).

A lire aussi :

Renée Dunan : Récits préhistoriques

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Voici la retranscription du préambule, publié dans la rubrique Nos Nouvelles :

Nous allons publier, prochainement, une curieuse nouvelle de notre collaboratrice Renée Dunan. Cette nouvelle se passe aux temps reculés de l'histoire humaine, il y a vingt-mille ans.

Pour en faciliter la compréhension, nous avons demandé à Renée Dunan de fournir à ses lecteurs quelques explications préliminaires. Les voici :

Dans des couches de terrain qui se sont formées,il y a des centaines de siècles, on trouve des ossements humains ,et cela témoigne de l'antiquité de l'homme sur la terre.Mais on découvre toujours, avec les ossements, des vestiges d'industrie, c'est-à-dire de CIVILISATION.

Ainsi, doivent disparaître toutes les théories, d'origine religieuse, attribuant à l'homme une antiquité réduite. L'homme remonte au moins à cent mille ans avant notre ère et dès l'origine, il possède la volonté et l'intelligence.

Les premiers hommes connaissent un outillage qui leur facilite les labeurs nécessaires : chasse, combat, vêture, habitation. Les premiers outils sont en pierre dure taillée, généralement en silex.
Pour cela, le premier âge est connu sous le nom d'ÉPOQUE PALÉOLITHIQUE ou de la pierre taillée, le suivant est l'ÉPOQUE NÉOLITHIQUE ou de la pierre polie.

C'est dans le perfectionnement incessant de la technique industrielle que se manifeste l'évolution créatrice. Le classement des époques se fait selon l'aspect des outils ou leur art, et l'on a donné à chacune d'elles le nom de l'endroit où les échantillons les plus caractéristiques ont été trouvés.

L'ÉPOQUE PALÉOLITHIQUE

Durant l'époque paléolithique, l'outil est presque uniquement de pierre taillée. Les premières traces de cette industrie apparaissent dans la période interglaciaire du Pléistocène. La station typique de cet âge reculé est à Chelles (Seine-et-Marne) et cette époque est dite chelléenne. L'homme était chasseur et nomade. On trouve de lui des haches taillées grossièrement.

A Saint-Acheul (Somme), on a découvert des traces industrielles déjà perfectionnées et supérieures à celles de Chelles. Pour cela, a-t-on qualifié l'époque suivante d'Acheuléenne. Les outils sont finement taillés, plus légers, emmanchables.

La station du Moustier (Dordogne), fournit les caractéristiques de l'époque suivante qui porte son nom. Le climat a changé depuis l'âge chelléen. Il fait froid et humide. L'homme commence à utiliser les cavernes et les abris naturels. Il travaille le silex avec art et arrive à créer des lames droites admirablement tranchantes. Il laisse des traces de sépultures.

La grotte d'Aurignac, dans la Haute-Garonne, durant l'époque glaciaire qui suit le Moustier, abrita une race plus experte encore, qu'on nomme Aurignacienne ou de Cromagnon. Les hommes d'Aurignac habitent dans des cavernes. Ils font des lames en segments de cercle, des grattoirs en carène, des perçoirs, des burins, des pointes à cran. Ils commencent à sculpter. On trouve des figurations féminines en bas-relief.

Le Solutréen suit l'Aurignacien (de Solutré, Saône-et-Loire). C'est un troglodyte. Il laisse des foyers circulaires entourés de dalles plates. Il est chasseur et pêcheur. Il a perfectionné la taille du silex. Certaines pointes de flèches sont d'une minceur extraordinaire. C'est déjà un homme civilisé.

A l'homme de Solutré succède le Magdalénien (grotte de la Magdeleine, Dordogne) qui est le dernier des Paléolithiques. Celui-ci est à la tête d'un acquis civilisateur prodigieusement complexe. Il fait des lampes où l'on brûle la graisse des animaux, des burins perfectionnés, des lames en bec d'aigle, des pierres creusées en forme de coupe (pour le broyage de quelques produits). Il travaille l'os avec une merveilleuse délicatesse, fore le trou des aiguilles et fait des harpons barbelés. Il sculpte, en bas-relief, avec une science étonnante. On connaît des sépultures magdaléniennes individuelles. L'homme de cette époque savait coudre, sans doute avec des tendons d'animal finement divisés ou des fibres de bois. L'art indique une religion s'il ne se confond pas avec elle, aussi devons-nous juger notre aïeul de la Magdeleine comme un des plus hauts représentants de l'intelligence humaine. Après lui, devaient choir dans l'oubli les arts délicats, perfectionnés pendant des centaines de siècles. C'est qu'en Orient et peut-être en Afrique, ou en Espagne, l'homme avait inventé, servi par le hasard sans doute et par des contingences favorables, de nouvelles techniques dans la fabrication de l'outillage utile. L'âge néolithique est ici l'agonie du paléolithique, ailleurs, la naissance de l'âge du métal.

Dans le Nord de l'Europe, les Paléolithiques évoluent sur eux-mêmes, mais en France l'ingratitude du climat et des invasions sans doute mieux armées, créent un hiatus dans l'évolution. Déjà le métal manifestait sa puissance. Les tribus armées de silex, de valeur offensive moindre que les armes de métal, durent être égorgées par les conquérants. C'est vers l'Euphrate et en Égypte que se tient, dès lors, l'âme du progrès. Mais notre Magdalénien artiste disparu dans la crise néolithique, n'en reste pas moins une des intelligences souveraines du passé.

Renée Dunan

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Renée Dunan "Le Métal, Histoire d'il y a vingt mille ans [1]" (1920)

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article