Critique : Maurice Rostand "Le Cercueil de Cristal" (1920)

Publié le par Fabrice Mundzik

La très longue critique, signée Renée Dunan, de "Le Cercueil de Cristal" par Maurice Rostand fut publiée dans Floréal n°32 du 11 septembre 1920.

Cet article apparaît dans la rubrique Un beau livre.

Quelques extraits :

L'auteur porte un nom qui n'est pas indifférent aux foules et lui-même, dans ses Conversations avec la gloire, ses Poèmes et son Page de la vie n'a pas laissé de donner l'impression, chère au cœur des faiseurs de gloire, d'un poète orgueilleux, insolent, certain de son génie et « à la mode » comme hors la norme. Ce sont des recommandations précieuses pour les élites. Elles assurent la renommée. Je dois dire encore que Maurice Rostand passe pour faire fi, dans sa vie, des règles bourgeoises et même naturelles d'existence.

[...]

Et voici que ce roman nous révèle quelque chose de profond et d'atroce. Edmond Rostand, poète public, chargé en tous lieux de vouer l'Allemand à l'anathème des peuples et des temps ; chargé de glorifier le mort, l'innombrable cohue des morts dont éclatait la glèbe de Champagne, d'Artois ou d'Alsace ; Edmond Rostand, pris à son verbe, à sa musique et à son prestige de n'avoir point un mort, un fils tombé en charogne, à offrir en hymne pathétique à la haine et à Moloch.

[...]

La Mort, sujet monstrueux, fascinant et usé, que des millions d'êtres ont poli comme ces patènes d'or que des générations de moines ont usées en les baisant, la Mort, il faut beaucoup de courage et de talent, pour en creuser l'image en soi et la reproduire de façon neuve. Maurice Rostand a souvent réussi.

Dans cette critique, Renée Dunan évoque Jaurès, Karl Marx, Louis Barthou, Villon, Rousseau, Chateaubriand, Byron, Baudelaire, Mallarmé...

Critique : Maurice Rostand "Le Cercueil de Cristal" (1920)

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